Le besoin de caverne

Aka la "Sunday night fever"

Gant de velours
3 min ⋅ 12/05/2024

               Platon nous a largement rabattu les oreilles avec ses histoires de caverne. Comme quoi, il faudrait en sortir pour avoir des illuminations, blablabla… Acquérir de la sagesse, blablabla… Et revenir en néo prophète raconter à qui voudra bien l’entendre tout ce qu’on a pu voir dehors, tout en jurant que non, ce n’est pas le joint de la veille qui nous a cramé le cerveau.

               Mais il est bien gentil, Platon.

               Parfois, on l’aime bien, la caverne.

               Pas seulement par confort du connu, mais aussi parce que des fois, les gens, on en a marre. Marre d’être hyperconnectés, d’être abasourdis de notifications de tous les côtés. Marre de devoir répondre à la moindre sollicitation. Marre de devoir écouter, ou de faire l’effort d’écouter. Oui, parce que des fois, ça coûte, d’écouter. Mais comme tout être humain normalement constitué, parfois, on n’écoute qu’à moitié.

               Parce que le cerveau est déjà branché sur la ligne « ne pas oublier d’envoyer la facture à Machine », ou « il faudra penser à racheter du PQ », ou encore « est-ce que ça se voit, le bouton d’acné que j’ai tenté à mes risques et périls de camoufler sous une couche trop épaisse de fond de teint ? ». Voire tout ça à la fois.

               Et là, le cerveau, il est en PLS.

               Il n’écoute plus du tout Karine de la compta qui raconte son week-end dans les Alpes avec son chinchilla et son nouveau copain. Il acquiesce machinalement devant le désespoir de Nicolas qui vient de perdre son poisson rouge.

               En bref, ton corps est là, mais pas ton esprit.

               Et c’est en général pile à ce moment qu’il faut alors dire un mot, si difficile à prononcer quand on nous encourage depuis l’enfance à nous ouvrir et à prêter attention à ce qui nous entoure : « Non ».

...

Gant de velours

Par Angéline Marjolaine

Décrivez-vous vous-même, d’abord.

PS : j’écris et j’invente des histoires depuis que je suis gamine, je suis tombée dans la marmite de l'écriture grâce à des professeurs fabuleux et un certain monsieur qui s’appelait Guy de Maupassant.

Comme plein d’enfants de ma génération, j’ai découvert le plaisir de la lecture avec un p’tit sorcier à lunettes qui faisait frémir les librairies la veille de chaque nouvelle parution.

Depuis, les livres sont devenus les composants essentiels de mes déménagements. Pas beaucoup de meubles, mais beaucoup, beaucoup de cartons de livres. Et c’est lourd.

J’ai peut-être sorti un premier roman, “Cyclones”, aux éditions Ballade à la Lune, y a quelques temps.

Je fais partie d’un collectif d’artistes associatif, dans une bourgade bourbonnaise qui mérite qu’on s’y arrête.

J’ai des idées dans tous les sens, et trop de crises d’angoisse pour toutes les concrétiser.