#3
Les premiers rayons de soleil inondèrent la chambre d’une lumière douce et tiède. Hugo se recroquevilla sous la couette. Il était trop tôt encore pour démarrer la journée. Trop tôt pour se remettre de son échec cuisant de la veille. Il s’apprêtait à entamer sa grasse matinée de pied ferme, quand Bernie se faufila sous les draps pour se lover contre son dos. Le chat, mûr par son âge, mais pas par sa façon exécrable de pisser sur les chaussures des invités, se plaisait à venir réclamer, toujours à heure fixe, sa dose de câlins matinale, très promptement suivie d’un miaulement sans équivoque mettant l’accent sur le caractère vide de sa gamelle.
Hugo disposait encore d’une dizaine de minutes environ avant l’horaire fatidique. Enfin, dans le pire des cas, il s’arrangerait pour malencontreusement déplacer la boule de poils de presque huit ans vers l’arête du matelas, à l’endroit exact où le matou n’aurait d’autre choix que de prendre la tangente… Ou de revenir à la charge, invoquant un droit d’asile de gamelle.
La nuit avait été trop courte à son goût. Trop courte, et intensément peuplée de sosies diaboliques de Lucius qui lui répétaient en boucle : « you’re a fucking loser » (tu n’es qu’un putain de perdant). Son inconscient avait la délicatesse de lui faire ressasser encore et encore ses exploits nocturnes.
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