Glitch

#2

Gant de velours
6 min ⋅ 04/03/2024

Tiens-toi prêt, Lucius. Lilith s’avança dans l’arène, son arc bandé prêt à envoyer la première flèche. La barre de vie était à son maximum. Les fioles de potion de résurrection, chargées à bloc. Les armes : travaillées, optimisées, maximisées au niveau de leurs caractéristiques, de leurs capacités d’attaque, de défense, de rapidité… Les gestes ont été maintes fois répétés, en un ballet de jurons à chaque nouvelle défaite.

Hugo retint son souffle. Face à son héroïne, le Terminator du jeu se dressait, non sans une pointe d’arrogance qui lui inspirait une envie de le vaincre d’autant plus féroce. Il avait pourtant joué à d’autres jeux de ce type, ces « Die and Retry » qui rendaient fous leurs utilisateurs. Chaque combat perdu, souvent vécu comme une injustice plus dure encore que celle du flash du radar seulement à quelques kilomètres/heure au-dessus de la limitation, gravait dans la mémoire du joueur une sensation de frustration à l’état pur. Une appréhension de l’échec difficile, dans un contexte de divertissement.

Mais chaque victoire devenait ensuite un trophée plus savoureux encore. L’immense satisfaction d’avoir rempli un objectif durement acquis dépassait de loin la sensation de la première gorgée de café du matin, ou celle du réveil dominical après une semaine en enfer.

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Gant de velours

Par Angéline Marjolaine

Décrivez-vous vous-même, d’abord.

PS : j’écris et j’invente des histoires depuis que je suis gamine, je suis tombée dans la marmite de l'écriture grâce à des professeurs fabuleux et un certain monsieur qui s’appelait Guy de Maupassant.

Comme plein d’enfants de ma génération, j’ai découvert le plaisir de la lecture avec un p’tit sorcier à lunettes qui faisait frémir les librairies la veille de chaque nouvelle parution.

Depuis, les livres sont devenus les composants essentiels de mes déménagements. Pas beaucoup de meubles, mais beaucoup, beaucoup de cartons de livres. Et c’est lourd.

J’ai peut-être sorti un premier roman, “Cyclones”, aux éditions Ballade à la Lune, y a quelques temps.

Je fais partie d’un collectif d’artistes associatif, dans une bourgade bourbonnaise qui mérite qu’on s’y arrête.

J’ai des idées dans tous les sens, et trop de crises d’angoisse pour toutes les concrétiser.