On va commencer par les étoiles

Tout doux, tout doux.

Gant de velours
3 min ⋅ 01/11/2023

Et toi, ça fait combien de temps que tu l’as pas fait ?

Je te vois venir, pervers·e.

Non, moi je te parle d’un truc vachement plus métaphysique. Le genre de trucs qui fait craquer les nanas quand tu cherches une idée de date qui te coûtera pas trop de thunes. Meilleur rapport qualité/prix. Et je t’assure qu’à l’heure d’aujourd’hui, tout le monde surveille le niveau de son porte-monnaie (ça existe encore, la monnaie ?).

Moi je te parle de te poser sous un ciel étoilé, avec ou sans partenaire pour te tenir compagnie.

Imagine le tableau. T’en as marre des séries Netflix que tu as poncées pour noyer ton ennui ou ta solitude. Ce soir, la nuit est dégagée, tu sais que tu peux prendre une petite laine au cas où, pour éviter les poils qui se dressent sur les avant-bras. Pendant un date, c’est pas sexy. Non, je ne commencerai pas un débat sur l’épilation dès ce premier épisode, chacun (et chacune) son duvet, un poil c’est tout.

Donc je disais, il fait suffisamment clair pour te prendre pour Thomas Pesquet junior, à te la péter en reconnaissant la constellation du Centaure, composée de O-Zone 38 et Beau-gosse-du-69, les toutes dernières pépites célestes révélées par les scientifiques de l’espace.

Voilà.

Maintenant respire un bon coup. Ouais, ça aussi, t’aurais presque oublié dans une vie où tout va à cent à l’heure. Où ton plan de route doit être tracé dès ta naissance. Ah pardon, maintenant on a le thème astral pour s’y repérer un peu plus dans cet océan d’incertitudes. Parfait pour te lancer dans une carrière d’astrologue certifiée, qui t’indique qu’au prochain passage de Pluton en croisement avec Saturne, bah ça va être bien la merde.

Mais t’inquiète, ça, j’y reviendrai plus tard.

Ok. Mets-toi bien. Admire ce spectacle.

C’est grand, hein ?

Tu t’es déjà demandé ce qu’il y avait après, après toutes ces loupiotes qui scintillent sans discontinuer ? Si on est là, nous, touts petits humains sur cette toute petite planète au milieu d’une galaxie parmi tant d’autres, alors est-ce qu’il y a autre chose derrière ? Vertigineux, n’est-ce pas ?

Les paris sont ouverts.

Moi, c’est comme ça que tout a commencé. Que j’ai compris que j’étais minuscule au milieu de cet univers. Avec une pensée pareille, y a de quoi plonger en dépression en moins de temps que le “TOUDOUM” de Netflix. Pourtant, c’est avant tout la beauté de spectacle qui me happe à chaque fois que je me pose face à cet écran de cinéma naturel et éternel.

La sensation que le temps s’arrête. Et d’ailleurs, c’est quoi le temps ?

On y reviendra. Plus tard.

Revenons-en à nos moutons, et à nos étoiles.

C’est souvent dans les choses les plus simples de l’existence qu’on va puiser la plus grande source d’inspiration. Et de remise en question, par la même occasion. Quoi de plus facile que de s’asseoir devant un ciel étoilé et de se rendre compte que l’ego mérite bien qu’on lui intime de se taire (pour être polie) face à tout ce qu’il ne sait pas ou ne maîtrise pas.

“Je sais que je ne sais rien”, dirait un de mes plus vieux potes. Je crois qu’il s’appelle Socrate (non, c’est pas seulement le nom du chien de ta voisine qui hurle à la mort à deux heures du mat’ et qui te jappe dessus comme un vulgaire intrus à chaque fois que tu passes devant son portail). Je le connais pas personnellement, mais ce gars-là, il avait des tas de trucs à nous apprendre (entre autres, pas que lui, mais je te parlerai de ses copains et copines de pensée à l’occasion).

Quelle sagesse. Et tout à fait ce que je ressens dans ces moments-là. Toute cette accumulation de savoirs, de croyances, au final, ça sert à quoi ? Tous ces conflits, toutes ces guerres, tout ce bordel sans fin au nom de dieux, du profit, d’un territoire (oui, c’est le moment Miss France)… Mais surtout au nom de l’ego.

Tu vas vite le comprendre, l’ego, c’est pas mon copain. Ou tout du moins, pas tant qu’il n’est pas un minimum équilibré, conscient des conneries qu’il est capable de provoquer et capable de maturité pour les réparer, et pour pardonner celles des autres.

C’est quoi, être humain ? Est-ce que c’est juste un corps, composé de sang, de muscles, d’organes et tout le tintouin ? C’est quoi la conscience ? Est-ce que tout le monde en a une ? Qu’est-ce qui la définit ? Quelles sont ses limites ? Le bien, le mal, est-ce que ces notions sont réelles ? Quelles sont les réelles certitudes de la vie ? C’est quoi, la vie ?

Et est-ce que le bonhomme de Cetelem s’est vraiment retrouvé un lendemain de soirée bien arrosée dans le massif de thuyas de ta même voisine en essayant d’échapper au chien Socrate, pour ressembler à ça ?

Tant de questions. Si peu de temps pour y répondre.

Mais je vais essayer, un peu, dans les prochains épisodes. A ma manière.

Si t’es encore là à côté de moi, devant les étoiles, c’est que je t’ai pas perdu·e. Alors accroche-toi, parce que c’est que le début.

Allez je te laisse, j’ai un appel.

*E.T téléphone maison*

Gant de velours

Par Angéline Marjolaine

Décrivez-vous vous-même, d’abord.

PS : j’écris et j’invente des histoires depuis que je suis gamine, je suis tombée dans la marmite de l'écriture grâce à des professeurs fabuleux et un certain monsieur qui s’appelait Guy de Maupassant.

Comme plein d’enfants de ma génération, j’ai découvert le plaisir de la lecture avec un p’tit sorcier à lunettes qui faisait frémir les librairies la veille de chaque nouvelle parution.

Depuis, les livres sont devenus les composants essentiels de mes déménagements. Pas beaucoup de meubles, mais beaucoup, beaucoup de cartons de livres. Et c’est lourd.

J’ai peut-être sorti un premier roman, “Cyclones”, aux éditions Ballade à la Lune, y a quelques temps.

Je fais partie d’un collectif d’artistes associatif, dans une bourgade bourbonnaise qui mérite qu’on s’y arrête.

J’ai des idées dans tous les sens, et trop de crises d’angoisse pour toutes les concrétiser.

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