La voie du courage

Et celle des sages.

Gant de velours
2 min ⋅ 20/11/2023

Je ne savais pas quoi écrire ce soir.

J’étais sûre d’une chose : il fallait écrire cet article. D’une manière ou d’une autre. Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent, et j’ai déjà un feuillet rempli d'idées de thématiques à explorer (donc autant dire que j’ai pas fini de vous bourrer le crâne avec mes pensées du moment)…

Mais ce soir, non.

Un autre sujet a émergé assez naturellement. Il aurait pu figurer sur mon feuillet d’idées. Mais la vie a parfois l’indélicatesse de te présenter ceux que tu n’avais pas inscrits sur ta liste. Ou du moins, pas ceux que tu aurais souhaité aborder tout de suite.


J’ai envie de vous parler de courage.


Tu sais ce que c’est, toi, le courage ?

Est-ce celui que l’on encense lorsqu’on revêt une cape de super-héros/super-héroïne ?

Celui qui brave les tempêtes, sans faillir

Sans succomber à l’appel des ténèbres

Est-ce celui qui nous enchaîne à une notion de force ?

Mais qu’en est-il de notre kryptonite

Quand plus rien n’a de sens


Tu sais ce que c’est, toi, le courage ?

Quand la vie ne te laisse pas d’autre choix

Ou qu’elle te donne justement le pouvoir d’en faire un

Celui qui te fera sûrement changer de route

De tracé

De ville

D’ami·e·s

Qui te laissera peut-être seul·e face à toi-même

Dans les moments d’incertitude

Dans la tyrannie de l’angoisse

Et la promesse d’une vie meilleure s’apprivoisant avec patience


Tu sais ce que c’est, toi, le courage ?

Quand le diagnostic tombe comme un couperet

Lorsqu’il faut endurer la maladie

Faire confiance

Supporter les rechutes, la douleur

Et se laisser dériver par le courant avec la foi comme seul compagnon


Tu sais ce que c’est, toi, le courage ?

Et s’il fallait le décrire, tu dirais quoi ?

Des exemples de courage, j’en aurais des milliers

Et ils ne sont pas seulement constitués d’actes héroïques

Mais de petits gestes

D’une volonté qui s’éveille sous la cendre


Le courage

C’est se lever le matin

Supporter un travail qui parfois ne nous apporte rien qu’un gagne-pain


C’est continuer jour après jour

A croire en ses rêves

Même s’ils prennent du temps


C’est s’aimer suffisamment

Pour accepter les jours

Où on ne s’aime plus


C’est justement dire “je t’aime”

Sans l’assurance d’un retour

Ou d’un serment d’éternité


C’est parfois abandonner

Un projet, une idée

Ou une vie déjà toute tracée


C’est laisser derrière soi

Une façon d’être

Des croyances vouées à disparaître


C’est encore accepter

Que la vie a une fin

Et que lorsque ce jour vient

Il emporte avec lui le parfum d’un être aimé

Son sourire

Sa bienveillance

Sans s’inquiéter de ceux et celles qui restent sur le rivage

Et qui n’ont plus d’autre bagage

Que l’effluve d’un souvenir

Et l’espoir d’un regard à travers les nuages


J’ai pas envie de mettre de point final

Ce soir, j’ai pas le courage

Je l’aurai peut-être demain

Pour rejoindre tous ces héros et héroïnes du quotidien

Qui sont autant d’inspirations pour avancer, créer, continuer de croire


Et puis de toute façon, j’aime pas les fins.

Gant de velours

Par Angéline Marjolaine

Décrivez-vous vous-même, d’abord.

PS : j’écris et j’invente des histoires depuis que je suis gamine, je suis tombée dans la marmite de l'écriture grâce à des professeurs fabuleux et un certain monsieur qui s’appelait Guy de Maupassant.

Comme plein d’enfants de ma génération, j’ai découvert le plaisir de la lecture avec un p’tit sorcier à lunettes qui faisait frémir les librairies la veille de chaque nouvelle parution.

Depuis, les livres sont devenus les composants essentiels de mes déménagements. Pas beaucoup de meubles, mais beaucoup, beaucoup de cartons de livres. Et c’est lourd.

J’ai peut-être sorti un premier roman, “Cyclones”, aux éditions Ballade à la Lune, y a quelques temps.

Je fais partie d’un collectif d’artistes associatif, dans une bourgade bourbonnaise qui mérite qu’on s’y arrête.

J’ai des idées dans tous les sens, et trop de crises d’angoisse pour toutes les concrétiser.

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