Et celle des sages.
Je ne savais pas quoi écrire ce soir.
J’étais sûre d’une chose : il fallait écrire cet article. D’une manière ou d’une autre. Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent, et j’ai déjà un feuillet rempli d'idées de thématiques à explorer (donc autant dire que j’ai pas fini de vous bourrer le crâne avec mes pensées du moment)…
Mais ce soir, non.
Un autre sujet a émergé assez naturellement. Il aurait pu figurer sur mon feuillet d’idées. Mais la vie a parfois l’indélicatesse de te présenter ceux que tu n’avais pas inscrits sur ta liste. Ou du moins, pas ceux que tu aurais souhaité aborder tout de suite.
J’ai envie de vous parler de courage.
Tu sais ce que c’est, toi, le courage ?
Est-ce celui que l’on encense lorsqu’on revêt une cape de super-héros/super-héroïne ?
Celui qui brave les tempêtes, sans faillir
Sans succomber à l’appel des ténèbres
Est-ce celui qui nous enchaîne à une notion de force ?
Mais qu’en est-il de notre kryptonite
Quand plus rien n’a de sens
Tu sais ce que c’est, toi, le courage ?
Quand la vie ne te laisse pas d’autre choix
Ou qu’elle te donne justement le pouvoir d’en faire un
Celui qui te fera sûrement changer de route
De tracé
De ville
D’ami·e·s
Qui te laissera peut-être seul·e face à toi-même
Dans les moments d’incertitude
Dans la tyrannie de l’angoisse
Et la promesse d’une vie meilleure s’apprivoisant avec patience
Tu sais ce que c’est, toi, le courage ?
Quand le diagnostic tombe comme un couperet
Lorsqu’il faut endurer la maladie
Faire confiance
Supporter les rechutes, la douleur
Et se laisser dériver par le courant avec la foi comme seul compagnon
Tu sais ce que c’est, toi, le courage ?
Et s’il fallait le décrire, tu dirais quoi ?
Des exemples de courage, j’en aurais des milliers
Et ils ne sont pas seulement constitués d’actes héroïques
Mais de petits gestes
D’une volonté qui s’éveille sous la cendre
Le courage
C’est se lever le matin
Supporter un travail qui parfois ne nous apporte rien qu’un gagne-pain
C’est continuer jour après jour
A croire en ses rêves
Même s’ils prennent du temps
C’est s’aimer suffisamment
Pour accepter les jours
Où on ne s’aime plus
C’est justement dire “je t’aime”
Sans l’assurance d’un retour
Ou d’un serment d’éternité
C’est parfois abandonner
Un projet, une idée
Ou une vie déjà toute tracée
C’est laisser derrière soi
Une façon d’être
Des croyances vouées à disparaître
C’est encore accepter
Que la vie a une fin
Et que lorsque ce jour vient
Il emporte avec lui le parfum d’un être aimé
Son sourire
Sa bienveillance
Sans s’inquiéter de ceux et celles qui restent sur le rivage
Et qui n’ont plus d’autre bagage
Que l’effluve d’un souvenir
Et l’espoir d’un regard à travers les nuages
J’ai pas envie de mettre de point final
Ce soir, j’ai pas le courage
Je l’aurai peut-être demain
Pour rejoindre tous ces héros et héroïnes du quotidien
Qui sont autant d’inspirations pour avancer, créer, continuer de croire
Et puis de toute façon, j’aime pas les fins.